Hommage
Marseille: marche à la mémoire de Nelson, renversé par une voiture de police

Anne-Christine Poujoulat AFP ¦ Plusieurs centaines de personnes ont participé samedi matin à Marseille à une marche silencieuse à la mémoire de Nelson, 14 ans, fauché il y a une semaine par une voiture de police alors qu'il traversait une rue sur un passage piéton.
Plusieurs centaines de personnes ont participé samedi matin à Marseille à une marche silencieuse à la mémoire de Nelson, 14 ans, fauché il y a une semaine par une voiture de police alors qu'il traversait une rue sur un passage piéton.
Le cortège, composé de 300 à 400 personnes, a défilé du groupe Ambrosini, la cité où vivait Nelson, jusqu'au lieu de l'accident. En tête, la famille de l'adolescent, habillée de blanc. Sur leurs T.shirts, une photo de l'enfant blond était imprimée, ainsi que l'inscription : "Nelson, on t'aime".
Plusieurs banderoles, arborant aussi des photos de l'enfant, ont été brandies tout au long du cortège. L'une d'elles proclamait : "Rendez ses droits à Nelson. Citoyen = droits, policiers = devoirs. A quand une justice équitable ?"
Sur une simple pancarte, on pouvait lire : "Nelson, tu nous manques, on t'aime tous". Sur une autre : "Paix à ton âme".
A l'arrivée, dans le quartier Saint-Joseph (14è arrondissement), au carrefour où l'enfant a été renversé, les participants à la marche ont déposé des fleurs. Sylvie Andrieux, députée PS de Marseille (7è), a dévoilé une plaque sur laquelle a été gravé: "Nelson, tu vivras éternellement dans nos coeurs".
Au départ comme à l'arrivée de la marche, le père de l'enfant, Rémy Gazelle, a fait part de son incompréhension et de son indignation: le conducteur du véhicule de police, un policier stagiaire de 22 ans, sorti de l'école de police il y a six mois, a certes été mis en examen pour homicide involontaire aggravé mais il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.
Le père a réclamé "que le procureur de la République fasse appel" de cette décision. "On a du mal à supporter que la personne qui a renversé mon fils ait été libérée", a-t-il expliqué.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie avait rencontré Rémy Gazelle lundi, à Marseille, au lendemain du décès de Nelson. Elle "m'avait garanti qu'il (le stagiaire) était placé sous mandat de dépôt. Deux heures après, le mandat de dépôt a été levé, je l'ai appris par la télévision. Imaginez ma douleur"..., a-t-il affirmé.
"La famille ne comprend que ce stagiaire n'ait pas été mis sous mandat de dépôt au moins pour quelques jours, histoire de signifier à tout le monde que c'est grave ce qu'il a fait", a commenté l'avocat de la famille, Me Gilbert Collard, ajoutant: "Sauf erreur de ma part, je ne crois pas savoir" que le procureur "aurait fait appel".
"Ce qui est désespérant - c'est la désorientation de la population - c'est qu'un gardien de la paix se transforme en gardien de la mort, c'est inimaginable", a conclu l'avocat.
Les obsèques de Nelson seront célébrées lundi.
Anne-Christine Poujoulat AFP ¦ Plusieurs centaines de personnes ont participé samedi matin à Marseille à une marche silencieuse à la mémoire de Nelson, 14 ans, fauché il y a une semaine par une voiture de police alors qu'il traversait une rue sur un passage piéton.
© 2007 AFP